Rabat et Salé sont un exemple unique de deux villes séparées par un fleuve. Partout ailleurs, que ce soit à Londres, à Paris ou au Caire, les deux rives du fleuve ne sont que deux parties d’une même ville.
Pourtant, malgré leurs histoires diamétralement opposées, les villes jumelles n’ont cessé d’oeuvrer pour leur rapprochement. Aujourd’hui, l’aménagement de la vallée du Bouregreg marque un scellé pour leur union sacrée.
C’est l’une des plus anciennes villes du royaume et des plus riches en civilisation. Fondée il y a plus de mille ans, Salé a toujours été une ville rebelle, faisant peu de cas de l’autorité centrale et défiant les colons qui osaient s’aventurer dans ses enceintes. Alors que les Phéniciens et Carthaginois installèrent leurs comptoirs de commerce à Rabat, les Romains qui leur ont succédé fondèrent un port à Salé. Avec l’arrivée d’une importante colonie d’Andalousie, Salé se spécialisa dans la piraterie maritime. Dans une conjoncture de commerce florissant, les villes des deux rives du Bouregreg se réunissaient en une seule entité et entreprirent une activité maritime, bousculant les Européens jusqu'à 1829.
Transformée en cité-dortoir au milieu du vingtième siècle, Salé a vu sa population croître à un rythme effréné, faisant d’elle la troisièmeville du pays avec les inconvénients de la migration rurale. Elle conserve, toutefois, quelques joyaux dont l’une des plus anciennes mosquées du Maroc et le Centre Artisanal d’Oulja, l’un des plus riches du pays. Elle abrite également le Centre National des Sports où s’entraînent les champions olympiques et l’équipe nationale de football.

